Les smartphones sont devenus incontournables. Pratiques, puissants, compacts. A tel point que nous sommes une génération hyperconnectée dépendante de nos téléphones (osez dire le contraire !). Ce gadget est devenu incontournable car tellement pratique. Mais pratique pour quoi au juste ?

Remettre l’intention au centre

Quelle utilisation faites vous de votre smartphone ? A titre personnel, jje l’utilise pour envoyer des textos, consulter mes mails, téléphoner à mes parents et faire mes publications sur Instagram. Principalement. Bon ok, il m’arrive aussi de jouer a un jeu avec des bulles…

Ah oui, prendre des photos. A ne pas confondre avec faire de la photographie, nuance. Mais assez rarement finalement. Je ne suis jamais satisfaite de la qualité de l’image quand je prends une photo sur mon smartphone. J’ai pourtant un modèle haut de gamme très récent. Mais non, la qualité me déçoit. Je ne m’y fait pas, si bien que de plus en plus je boude cette fonctionnalité là.

Les photos ne sont plus que d’une qualité toute relative. Ce qui compte, ce n’est plus la qualité de la photo mais le partage instantané, peu importe si ces photos sont exploitables ou non. Qu’en est-il du partage dans la durée ? De la transmission ? Des souvenirs ?Quel héritage pour la génération après la notre ? Pour nos enfants ? Votre selfie d’aujourd’hui est peut être très réussi, mais comment allez vous le transmettre ? Le garder ? Le partager dans 20 ans ?

Remettre la qualité au centre

Alors voilà, je prends mon reflex et là je sais ce que je peux faire et comment je peux le faire. Les réglages me viennent tout seuls, par automatisme, en fonction du contexte, de la lumière, de l’intention, de la composition souhaitée, de l’effet recherché. Et quant au résultat, et bien je sais que je vais avoir la qualité recherchée.

Quand je me balade et quand je fais de la street photo, je remarque que la plupart du temps les touristes, les badins, se promènent et se prennent en photo avec leurs smartphones. Les grands smartphones avec les grands écrans servent maintenant d’appareil photo. Parfois même des tablettes. Je ne peux pas m’empêcher de me demander quel résultat ils vont avoir et quels souvenirs ils vont garder. Parce que s’ils font des photos, c’est bien pour les garder, non ? Pour avoir un souvenir à montrer ou à partager, non?

Un smartphone ne sera jamais aussi efficace qu’un reflex. Pourquoi ? Les smartphones sont des téléphones, pas des appareils photos. Les smartphones n’ont pas un capteur de grande taille comme les reflex par exemple. On peut miniaturiser tout ce qu’on veut, appliquer des traitements informatiques. Plus le capteur est de grande taille et meilleure est l’image. Il en va de même pour les objectifs qui vont avec les boitiers.

Avec les smartphones vous aurez la plupart du temps des photos :

  • floues dès que les conditions ne sont plus optimales (basse lumière bonjouuur);
  • mal cadrées (les selfies à bout de bras);
  • de mauvaise qualité (distorsion de l’image, corrections logicielles, bruit…);
  • pas exploitables.

Retrouver la vocation de la photographie

Pas exploitables ? Oui, c’est à dire que vous ne pourrez pas les imprimer ou les utiliser pour créer un album photo par exemple. D’après vous, avec quel outils avez vous le plus de chance d’obtenir des photos de qualité et de garder de vrais souvenirs pour la génération après vous ?

Je ne dis pas qu’il ne faut pas prendre de photos avec les smartphones, au contraire. C’est très pratique et il y a des smartphones relativement bien équipés, en tenant en compte des limitations optiques. Il faut cependant mettre le prix et bien entendu et l’utiliser avec un certain… doigté. Je dis juste que si vous souhaitez avoir de la qualité et garder des souvenirs de vos vacances, de vos promenades, de vos enfants en train de souffler les bougies, et bien faites le avec un vrai appareil adapté à ce besoin. Ou faites appel à un photographe professionnel.

L’ère du numérique est celle de l’immédiateté au détriment de la réflexion (ou du recul), du gratuit au détriment de la liberté et de la qualité, de la multitude au détriment du choix délibéré. Il en va de même pour la photographie. Il n’y plus de pellicule photo avec le numérique, la quantité est illimité. Soyons clair: c’est génial. Cependant, cela a éliminé le facteur « rareté » de prise de vues. Alors les comportements se sont adaptés à ce fait. Aujourd’hui, les photos sont prises à la va vite, sans prendre le soin ni le temps de travailler sur l’intention, le cadrage, la composition, les couleurs…

La photo prise avec votre smartphone pourra être imprimée sur papier mais avec une qualité médiocre. Elle risque d’être pixélisée car la résolution est trop faible. Oubliez les agrandissements. Les photos prises dans des conditions de faible lumière ou en intérieur seront floues ou pleines de bruit (le grain que l’on voit en basse lumière). Les photos prises à la va vite, ne seront pas plus exploitables, car mal cadrées,  avec une zone de netteté pas terrible ou une composition moyenne. Et les quelques photos correctes que vous pourriez avoir seront perdues dans la masse.

Changer son rapport à la photographie

Le risque dans tout ça est simple : se réveiller dans quelques années en se disant « mince, tous ces souvenirs qui sont devenus inexploitables! » . Vous vous êtes peut-être même déjà dit ça le jour où une clé USB ou un disque dur contenant vos fichiers a cessé de fonctionner. La question de la pérennité des supports de stockage est un vrai problème. Sans compter qu’entre nous on peut se le dire : on ne regarde pas ses photos sur son ordinateur.

A l’époque des pellicules (encore une fois : nous ne la regrettons pas!) nous n’avions pas d’autre choix que de passer par l’obtention d’un support physique. Les impressions étaient de qualité. Parfois les photos, moins. Vous aviez cependant invariablement une photo entre les mains que vous pouviez décider de conserver ou non. Et je suis prête à parier que ces photos vous les avez toujours. Vrai?

A notre avis, la clé est d’adapter notre rapport à la photographie numérique. Tout d’abord en opérant une distinction claire entre photo « utilitaire » et photo « souvenir ». Si c’est une photo que vous comptez garder (un portrait de votre enfant par exemple), prenez le temps de la prendre. Soignez-là. Il en va de même pour vos posts Instagram d’ailleurs : ce n’est pas parce que l’on est dans l’immédiateté que l’on doit renier la qualité. L’appréciation du contenu sur les réseaux sociaux est avant tout esthétique!

Ensuite, posez-vous vraiment la question de la conservation et de la transmission. Premièrement la conservation : regardez-vous vraiment les photos stockées sur votre disque dur? Sur votre smartphone? Opérez-vous un vrai tri dans ces photos pour ne retenir que la crème de la crème? Les imprimez-vous pour assurer leur conservation dans le temps et la capacité à les regarder, à vous plonger dans vos souvenirs en tenant une photo en main

Deuxièmement, la transmission : prenons l’exemple familial, qui est l’exemple qui nous parait le plus évident en tant que parents. Il est démontré que le développement d’un enfant est favorisé lorsqu’il voit des photos de lui avec sa famille. Avez-vous ces photos à lui montrer? Aurez-vous des histoires à lui raconter dans dix ans quand vous aurez changé trois fois d’ordinateur et quatre fois de smartphone, perdant 80% de vos souvenirs au passage?

Nous ne sommes pas pour le tout impression. Seulement l’essentiel. Le top du top. Les quelques photos qui ont un effet « whaou » quand vous les regardez. Elles auront bien plus de valeur que les milliers de photos que vous pourriez prendre et stocker sans y penser. Pensez-y!

Et vous que faites-vous de vos photos? Vous êtes plutôt smartphone ou « vrai » appareil? Vous les conservez comment? Dites-nous tout ça dans les commentaires! Et si ce billet d’humeur vous a touché, partagez-le!

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